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C’est pas souvent que j’ai l’occasion de parler en amont de ce sur quoi je bosse. J’évite toujours autant que possible de me mettre plus de pression que je m’en met déjà tout seul en en parlant à d’autres. Accessoirement, ça me permet aussi de ne pas passer plus de temps à répondre à des questions qu’à bosser mes projets et ça évite de me sentir forcé de m’excuser si finalement, en court de route, j’abandonne un de mes 50 projets.

Des 50 projets d’ailleurs, il en est question ici et c’est en grande partie ce qui a motivé l’idée derrière cette présentation et ce billet. Des embryons de jeux de 50-, 100- ou 250 000 signes, sur mon disque dur, j’en ai des tas. Pour une raison ou pour une autre – perte de motivation, nouvelle envie, la Vraie Vie qui permet pas de s’y mettre à fond, ambition démesurée au regard du temps à consacrer au projet – ils sont restés ainsi.

Et ça me saoule. Ça me rend dingue de voir que je reviens sur certains projets pour la dixième fois en 10 ans mais que je n’ai ni le temps ni l’envie de les écrire sur une longue durée. Car ce qui freine, ce ne sont pas les idées, c’est de me dire que je repars pour un cycle d’un, deux ou trois ans pour produire un jeu. À l’échelle d’une vie, ça file le tournis et c’est effrayant. Certains projets demandent à être développés longuement pour montrer toute leur richesse, pour détailler leur univers, pour décrire par le menu et de manière naturelle ce qu’ils ont de meilleurs à proposer. D’autres, c’est tout l’inverse : plus ils sont développés plus ils perdent en particularités, en originalité. Filez moi 400 pages pour Patient 13 et je serais obligé d’ajouter des elfes et des pouvoirs magiques pour tenir dans le format.

Tout ça pour dire quoi ? Tout ça pour dire que j’ai cherché une formule, une approche, un cadre, quelque chose me permettant de canaliser certaines de mes obsessions récurrentes, de sortir de ma zone de confort (ne pas faire que du contemporain-fantastique) et proposer mes idées de contexte. J’ai tenté de formuler ça avec une « vision », de la manière la plus large possible pour canaliser mes idées sans les contraindre tout en ne perdant pas de vue mon envie d’approche focalisée, de format court concentré et de contexte avant tout (plein d’idées mais pas de scénario à proprement parler).

Bref, j’ai appelé ça un « Shooter » et j’ai fais une petite présentation de ce concept au propre et en PDF téléchargeable ici-même.

Pour résumer : je suis en train de travailler sur mon premier Shooter qui devrait être disponible très bientôt. L’idée est de proposer ce contexte jouable sous la forme d’un bouquin d’une quarantaine de pages (couverture, règles et de feuille de perso incluses), au format A5, en PDF ou en papier via Lulu.com au prix d’un magazine ou d’un paquet de cigarettes (aux environs de 5/7€ selon la version). Tout ça est bien sûr à confirmer dans la pratique dès que le premier aura éclos (Spoiler : ça s’appelle Outer Space… et ça parle d’espace, étonnant ? J’en reparle très bientôt avec une présentation de ce premier Shooter).