Ordo : Phase 4 finie

Petit point sur Ordo, mon prochain roman.

Durant ce dernier mois, après en avoir terminé le premier jet, j’ai :
— effectué quelques corrections que je m’étais notées en marge,
— ajusté quelques répliques,
— traqué les répétitions dans les descriptions (j’en garde une partie dans les dialogues : je trouve que ça fait plus naturel et sonne mieux quand des personnages se répondent, d’autant plus quand l’histoire prend place à l’époque moderne),
— fait une bonne grosse relecture avec Antidote et une lecture à voix haute pour traquer les tournures foireuses,
— réalisé toutes les annexes (arbre généalogique, descriptions des différentes familles mises en scène, pouvoirs magiques et lexique),
— envoyé le tout à mon éditrice pour qu’elle lise le roman, l’annote, le commente, indique des passages à reformuler ou à préciser et m’en dise tout le bien qu’elle en pensait,
— reçu un retour la semaine dernière et me suis donc remis sur l’ouvrage,
— effectué l’ensemble des corrections demandées,
— réalisé une nouvelle relecture complète où j’ai proposé quelques modifications ici ou là pour que ça sonne mieux, pour préciser quelques trucs qui me semblaient moins évidents avec le recul, pour virer un ou deux trucs, affiner et tirer le texte vers le haut.

Et je viens de renvoyer le tout.


Avec le recul de deux semaines sans l’avoir regardé, j’ai redécouvert le texte et, contrairement à ce que je m’attendais, j’ai adoré ! Alors oui, j’en suis l’auteur donc on pourrait s’attendre à ce que ce soit le b.a.-ba du truc mais dès qu’on passe trop de temps sur un texte, on fini toujours par en être saoulé. Et lorsqu’il s’agit d’un roman, qu’on doit lire et relire, corriger et modifier, on passe toujours suffisamment de temps pour s’en dégouter, du moins durant un temps (souvent la satisfaction revient à la sortie). Mais là, au contraire, deux semaines après l’avoir lâché, je suis enthousiaste.

Ordo sera donc un roman « fantastique » à grand spectacle à mi-chemin entre plein de chemins (name dropping : Constantine, Supernatural, Buffy, Doctor Strange, Good Omens et les films de mafias et de casse, de manière générale), tout ça en étant « pas que ça », avec un lien avec mes productions jdr contemporain-fantastique mais aussi Presque Minuit et Au Crépuscule.
Bref, je me suis amusé et ça va être bien cool !


Prochaines étapes :

— Si mes corrections sont validées, le texte va être transmis à une correctrice dont le travail est de défoncer mon texte, corriger les fautes invisibles aux yeux normaux, supprimer les majuscules de mes Noms Inventés alors que c’est Trop Classe et de me le soumettre pour que je le corrige en ce sens.

— La sortie du roman est, à l’heure actuelle, prévue pour septembre (en tout cas, c’est ce que disent les sites de vente en ligne). On verra si virus aidant, les choses ne changent pas d’ici là. 50/50 disons.

(Le visuel est un extrait d’une des propositions de couvertures bien cool de Axel « Supacat » Mahé).

Ordo : phase 3 finie !

Un mois plus tard, j’ai terminé le premier jet de Ordo, mon prochain roman.

Il fait un peu plus de 500 000 signes et je suis pas mécontent d’y être parvenu. Le timing n’était pas évident, ça m’a demandé une discipline pathologique mais le résultat est là. Si écrire un roman de cette taille, en moins de quatre mois et demi, tout en bossant à côté, ne me parait pas faisable sans perdre un peu de santé mentale (ça n’a rien d’une écriture romantique, l’écharpe au vent), à l’inverse, et paradoxalement, je n’aurais probablement pas « mieux écrit » ce livre avec le double de temps : ma productivité atteint ses limites passées quelques heures.

Même si c’est ce que j’ai fais lorsque j’ai écris Presque Minuit il y a dix ans, je ne me vois pas/plus écrire 12 heures d’affilée (de toute façon, je n’ai pas le temps pour). Je dis ça, le futur me fera peut-être mentir.

Toujours est-il que le premier jet d’Ordo est terminé et que je suis content de cette histoire (Nan, en fait, j’en suis très content). Je crois que c’est un roman généreux en événements, en idées, dans son rythme et ses effets spéciaux. J’ai repoussé au maximum le signage pour avoir quelque chose de bien rempli et développé dans la mesure du cadre autorisé (en fait, je l’ai copieusement dépassé, mais ça reste dans les mêmes eaux que mes deux précédents). Bon, ça, c’est moi, l’auteur, qui le dit. Faudra juger sur pièces à la lecture (à la rentrée ou en fin d’année, selon comment le virus impacte les futures sorties).

Prochaines étapes :
— Tout au long de la rédaction, je me suis noté des trucs à vérifier, quelques répliques cool à rajouter, des verbes ou des mots qui me plaisent à placer. C’est le moment.
— J’avais commencé à réaliser des infographies (arbre généalogique, descriptions des différentes familles mises en scène, pouvoirs magiques et lexique). Faut que je termine de les écrire, elles devraient (normalement) figurer dans le roman pour ajouter à l’immersion.
— Durant la conception et l’écriture, j’ai listé 26 actrices et acteurs pour jouer les rôles principaux, secondaires et tertiaires dans le film ou la série que pourrait être Ordo. J’ai associé un thème musical à chacun d’entre eux. Il m’en manque quatre. Faut que je les trouve. Peut-être que ça figurera en fin d’ouvrage (ça dépendra de la place, sinon sur mon site).
— Plus important que tout le reste : faut que je me relise, entièrement et en profondeur. Je l’ai peu ou pas fait durant l’écriture donc y’a l’assurance d’avoir des tournures pourries à presque chaque paragraphe. Accessoirement une petite relecture à voix haute associée à Antidote ne fera pas de mal pour livrer un roman aux fesses les plus propres possibles.

Bref, c’est pas fini mais une très bonne étape est passée et ça continue d’avancer !

(Le visuel est un extrait d’une des propositions de couvertures bien cool de Axel « Supacat » Mahé).

Ordo : phase 2 finie !


En début de semaine, j’ai terminé, comme planifié, ma structure détaillée à l’extrême pour mon roman, Ordo. Un plan de 355 000 signes (soit à peu près 260 pages au format du roman, lui même prévu dans le format habituel des 330/350 pages de l’éditeur) que j’ai transmis à mes éditrices pour avoir un avis, voir si c’est trop ou pas assez sur certains points, obtenir un peu de recul sur la bestiole sur ce qui fonctionnerait ou ne fonctionnerait pas.

Comme je pouvais écrire ce que je voulais, j’ai accepté en posant « deux conditions » :

— 1/ pas d’époque victorienne, de steampunk, d’années folles. Quitte à créer un nouveau roman, j’avais besoin de couper avec Presque Minuit et Au Crépuscule.
— 2/ pas de Paris ou de France. Pour les mêmes raisons. Besoin de changer d’air, de convoquer un autre imaginaire.

Je me suis donc retrouvé à New York, de nos jours, pour du pur contemporain fantastique (d’un point de vue rôliste) ou de la fantasy contemporaine/urban fantasy (d’un point de vue littéraire) et d’un commun accord, on a poussé vers un roman un cran plus adulte. J’y reviendrai en détail en temps utile mais ça lorgne forcément et fortement vers certaines de mes marottes habituelles, avec l’histoire d’un casse au sein de la mafia de la magie (noire) sur fond de guerres familiales, de pouvoirs et de démons.

Prochaine étape : la réception et digestion du retour éditorial et l’écriture pure et dure du roman pour une remise du manuscrit début avril !

Le visuel est un extrait d’une des propositions de couvertures bien cool de Axel « Supacat » Mahé.

Name dropping, Ordo et dédicaces

Avec le 61ème de Podcastorama, FibreTigre revient en détail sur Game of Roles, son actual play :
http://kulturkonfitur.fr/podcastorama-61-game-of-roles/

Avec On/Off, Rôliste TV livre un long entretien avec Maxime Chattam :
https://youtu.be/O9EPaRsYhjk

Deux excellentes interviews/entretiens et si j’en parle ici, c’est que dans les deux cas, vous pourrez entendre mon nom passer. Ça fait toujours un peu bizarre d’entendre son pseudo sortir au détour d’une conversation mais, hey, je vais pas me plaindre non plus. Très gentil de la part de ces deux auteurs de m’avoir cité de la sorte !

Voilà, ça c’était pour le moment nombril.

Niveau informations plus concrètes, je continue mes 12 travaux d’Hercule sur Ordo qui continue d’avancer selon mon prévisionnel. Mon plan détaillé de la mort justement devrait être fini d’ici deux semaines. C’est très soutenu comme travail, j’ai l’impression de repousser mes limites mais ça devrait être bien cool au final.

Ah oui, j’y reviendrai en temps et en heure, mais je serai en dédicace à Livre Paris le dimanche 22 mars, durant deux heures (13-15h). Voilà, vous savez tout pour aujourd’hui !

Interview « jeu de rôle » pour Lulu.com (août 2019)

En août 2019, Zachary Turner, Customer Voice Associate chez Lulu.com, a contacté quelques autrices et auteurs (dont moi-même) pour nous questionner sur la création et l’édition indé de jeu de rôle. Un article synthétisant les réponses en anglais est paru ici et le présent article est la version française et intégrale de mon interrogatoire.

Je vous prie de commencer par parler un peu de vous-même, votre histoire, parcours professionnel et comment vous avez découvert le monde des jeux de rôle.

Je m’appelle Anthony Combrexelle, j’ai 38 ans, je suis graphiste et, sur mon temps libre, je suis auteur de jeux de rôle et de romans. J’ai connu le jeu de rôle au collège par le biais d’un article qui y était consacré dans un magazine de jeux vidéo. Je me suis alors inscris au club de ma ville où j’ai découvert de nombreux jeux et commencé à écrire les miens.

Quel(s) logiciel(s) utilisez-vous pour la conception et mise en page de votre livre ?

J’utilise Word comme traitement de texte (qui gère parfaitement les feuilles de style et le suivi de corrections), Antidote et quelques fidèles relecteurs et relectrices pour corriger mes fautes d’orthographe et de formulations, Adobe InDesign pour la mise en page et la conception graphique ainsi que Photoshop pour les visuels (montage photo ou illustration à la tablette graphique). S’il m’arrive d’utiliser des photos issues de banques d’images, je conçois tous mes livres de A à Z.

Quels sont les avantages de l’auto-édition pour les auteurs de livres de jeu de rôle ?

L’auto-édition permet de proposer des formats alternatifs (en terme de pagination – les livrets de 50 pages A5 sont impossibles à vendre dans le circuit traditionnel) et des contenus plus expérimentaux (des propositions de jeux plus atypiques) le tout pour un coût de production égal au prix que l’auteur ou l’autrice veut ou peut mettre dans son contenu. Dans le marché de niche qu’est le jeu de rôle, elle permet aussi à la personne capable d’écrire un produit seul de dégager une marge notablement plus importante que dans le circuit classique pour un prix de vente plus bas, le tout sur la base d’un paiement mensuel et dès la sortie effective.
Pour tout auteur en général, l’attente est réduite ou inexistante : il y a une immédiateté, très peu de temps entre le moment où le livre est terminé et sa publication. Par contre, pour qui veut se montrer professionnel, ça exige d’être d’autant plus critique et pointilleux sur son ouvrage et ses finitions (mise en forme, relecture et qualité du contenu).

Comment avez-vous découvert Lulu et comment décririez-vous votre expérience avec l’auto-édition sur notre site?

J’étais en recherche d’une solution pour produire des jeux sans avoir à dépendre d’un éditeur. De mémoire, Kobayashi des Livres de l’Ours avait utilisé Lulu pour ses productions et j’avais été étonné de la qualité du rendu. J’ai donc expérimenté les services de votre site en proposant Outer Space, un jeu court et plus expérimental que ce que je faisais jusqu’alors.

Qu’est-ce que vous considérez comme l’élément essentiel d’un bon jeu de rôle ? Quel est l’aspect indispensable qui attire l’attention des joueurs (ou lecteurs, dans le cas des autres livres) vers un nouveau livre ?

La réponse sera nuancée et très différente pour chaque joueur mais ce que je considère comme essentiel pour un bon jeu de rôle, c’est la proposition ludique : qu’est-ce qu’on joue ? Qui, où et comment ? Si ce postulat titille l’imaginaire, fait fantasmer des scènes, génère des moments de jeu excitants, suscite l’envie… et que ça se concrétise effectivement entre la théorie (ce qui est écrit et suggéré) et la pratique (autour de la table ou derrière un écran), c’est un jeu de rôle que je considère comme bon.

Pour certains auteurs, le plus difficile est de s’adresser à l’obstacle de la visibilité après l’édition de son livre. Quelle est votre stratégie d’auto-marketing et quels conseils donneriez-vous aux autres auteurs auto-édités ?

Se faire connaître sur les réseaux sociaux, sans chercher à vendre (par exemple en partageant ses centres d’intérêt) afin qu’on puisse se faire connaître et reconnaître. De manière plus pragmatique encore, proposer un produit ou des extraits gratuits similaires en qualité à ceux vendus via Lulu afin que tout un chacun puisse se rendre compte de l’intérêt de ce qui est proposé.

Concernant votre processus de création, quelle est la première étape que vous prenez lorsque vous créez un nouveau livre ? En vos mots, décrivez-nous votre démarche artistique. 

Quelle que soit le forme du projet (jeu, scénario, roman), c’est toujours une vision fantasmatique, un ou des personnages dans un lieu spécifique qui font une action particulière. Je visualise l’image comme une scène de cinéma, un mélange de visuel, de concepts et de symboles. Une fois gravé dans mon esprit, je creuse en amont et en aval de mon idée pour voir comment arriver jusqu’à cette scène et ce qui en découle ou comment, via un jeu, je peux favoriser ce type de scènes, de moments.

Comment est-ce que vous vous démarquez de vos concurrents et vous distinguez d’autres artistes ?

Difficile de répondre pour soi mais, de manière consciente, je tente de proposer des choses un peu en marge, j’essaie de creuser mon sujet, de me focaliser sur un angle original, une ambiance forte, un aspect cinégénique (qu’on puisse visualiser les scènes, avoir des images en tête rien qu’à la lecture pour mieux parler à tous en cours de partie). J’ai tendance à proposer des ambiances dures, avec des personnages hauts-en-couleurs ou décalés qui offrent un contraste et, je l’espère, une certaine nuance et subtilité.

Quel est le meilleur conseil que vous donneriez à un jeune auteur ?

Faire les choses à fond, remettre 100 fois l’ouvrage sur le métier, ne proposer que des textes qu’on assume à 100%, dont on pourra accepter les critiques parce qu’on a fait au mieux. Plus pragmatiquement : se fixer des objectifs (à court terme, quitte à établir des séries de sous-objectifs) et, surtout, toujours, avec une date de rendu pour les mener à bien. Qu’importe qu’on la dépasse, pourvue qu’on l’ait en tête pour se motiver à l’atteindre. C’est vital pour avoir la sensation (et la satisfaction) d’avancer sur ce projet, un Grand Œuvre qui se révèle toujours plus compliqué à mener à bien qu’estimé au départ.

Combien de temps mettez-vous à terminer un livre ?

C’est très fluctuant. J’alterne toujours entre plusieurs projets. Je les fais avancer au gré des idées et des déblocages d’inspiration. Lorsqu’un d’entre eux me semble proche de sa forme finale, je m’y dédie entièrement jusqu’à le boucler. Le livre est terminé quand je sens que je n’ai plus rien à y ajouter.

D’où est-ce que vous avez tiré de l’inspiration pour votre livre ?

De manière générale, toutes les œuvres qui ouvrent l’imaginaire m’inspirent : livres… mais aussi films, BD, jeux vidéo et même la musique. Pour Channel Fear, plus spécifiquement, grand amateur de films fantastiques horrifiques, j’avais envie de proposer un jeu où l’on pourrait retrouver les codes d’œuvres telles que le Projet Blair Witch, REC et les documentaires et émissions sur le surnaturel. J’ai « formulé » cette idée avec une équipe de reporters enquêtant sur des mystères et chargée d’en ramener des images et des informations. Un concept que je voulais le plus simple et compréhensible possible pour faciliter la prise en main et la rapidité des parties.