Paths of Hate – animation (et news)

En ce moment, je suis dans une période un peu bizarre où, finalement, il se passe pas mal de choses – pas mal de projets en cours si on fait le compte – mais où je n’ai finalement aucune visibilité sur ceux qui aboutiront ou non. L’expérience m’a prouvé qu’au moins 50% des projets seront abandonnés, annulés, oubliés et seront remisés tandis que l’autre moitié deviendra quelque chose dans six mois, un an, deux ans voire plus. Du coup, je suis bien incapable de parler de projets aux contours si flous, à la géométrie si variable à l’heure actuelle. Pas envie de potentiellement vous exciter le geekomètre si c’est pour vous doucher la semaine suivante ou devoir répondre « rien du tout », pendant des années, à la question « mais au fait, c’est devenu quoi machin-truc ? Ça avait l’air génial ». Bref, c’est pas parce que je ne dis rien que je ne fais rien.

Du coup, je vous laisse avec ce trailer/teaser qui date un peu mais qui m’excite toujours autant la rétine. Bande annonce pour un futur film d’animation qui pourrait aussi servir, j’imagine, de trailer pour le futur Guts de, entre autres, Brand. Évidemment, comme vous êtes des gens biens, vous allez le regarder en HD et en plein écran.

Presque Minuit – roman – soumissions éditoriales

Jamais évident de parler des projets en cours, surtout quand on a aucune idée de la façon dont ils vont (ou non) aboutir. Je m’y risque d’ailleurs très peu depuis la nouvelle mouture de ce blog-o-site. Du coup, pas de mises à jour depuis deux bonnes semaines parce que j’avais la tête dans le guidon avec les finalisations de nouvelles pour des concours/appels à textes (j’en reparle en temps voulu), le largage du troisième roman auprès de mes relecteurs téméraires préférés (là, aussi, j’en ferai la présentation sous peu) et une bonne grosse révision (aussi vulgairement appelée « troisième jet ») de Presque Minuit. Je voulais donc boucler certains trucs, histoire d’y voir plus clair, pour faire la mise à jour.

C’est chose faite.

Pourquoi ai-je retouché Presque Minuit ? De manière générale, quel que soit le texte, il y a toujours des choses à retoucher, des éléments à améliorer. De manière plus personnelle, depuis un an, j’ai beaucoup écris et j’ai donc évolué. En bien et en mal, peut-être, mais en tout cas, j’ai acquis une petite expérience que je n’avais pas en écrivant Presque Minuit (premier roman, premier vrai essai d’écriture romancée).

Ainsi, à la faveur d’un retour particulièrement intéressant et détaillé d’un éditeur et de l’enfilade de messages qui s’en suivit, l’idée à fait son chemin. En réfléchissant à mon intrigue, aux éléments que je pouvais améliorer, aux détails que je pouvais rajouter, et avec l’œil neuf de celui qui n’a pas regardé son texte depuis six mois, j’ai remis mon ouvrage (cent fois) sur le métier. Je me suis rendu compte que si certaines idées étaient là, elles n’étaient pas assez mises en avant. De même que des pistes et des intrigues pour un éventuel/futur/hypothétique second tome pouvaient être directement introduites ici sans que ça sonne faux ou ne fasse déplacé. J’avais aussi l’envie d’ajouter quelques courts chapitres pour développer le passif de certains personnages afin de donner du relief à leurs actions présentes. Le faire m’a aussi permis de donner un peu plus de corps à l’intrigue (et aux sous-intrigues par là même) et de maintenir une tension dans la dernière ligne droite en ajoutant quelques rebondissements supplémentaires.

C’est vraiment pas évident de revenir sur une histoire ancienne (vous allez me dire, elle n’a qu’un an. Oui mais quand on écrit « beaucoup », c’est déjà… de l’histoire ancienne). J’avais oublié une partie de l’intrigue et me remettre dans le bain n’a pas été facile. Ça a nécessité une certaine vigilance (et une relecture complète pour finir) afin de ne pas me contredire ou commettre des bourdes de description mais le faire m’a, semble-t-il, permis de tirer ce manuscrit vers le haut et ce, sans pour autant changer l’intrigue de fond. Parce qu’au final, l’histoire est la même, la structure est identique. J’ai « simplement » ajouté des détails, précisé des descriptions, reformuler des tournures équivoques, fait intervenir deux-trois figurants, renforcé l’ambiance et approfondis certains éléments de contexte. Ainsi, sans avoir le moins du monde cherché à en rajouter ou à grossir artificiellement l’intrigue, le roman a pris à peu pris 45 pages (techniquement de 415 000 signes, il est passé à 480 000).

Maintenant que c’est fait, je me sens beaucoup plus à l’aise pour effectuer un vrai démarchage éditorial. Oui, parce qu’autant je l’avais fait pour Reservoir Girl, il y a quelques mois, autant je n’avais pas vraiment passé le cap avec Presque Minuit. Du coup, c’est ma prochaine étape : soumettre PM aux éditeurs potentiellement intéressés. Bref, y’a plus qu’à !

P.S. : Qu’est-ce que vient faire une illustration tirée du dessin animé Nadia, le Secret de l’Eau Bleue (qu’on pourrait résumer par du Jules Verne en animé) dans ce billet ? La réponse est donnée dans le résumé. Ce dessin animé est l’une des nombreuses inspirations de Presque Minuit (et avec le recul, c’est même la principale, tant cet animé m’a marqué dans ma prime jeunesse). Au rayon clins d’œil/hommages/influences japonaises de ce roman, et pendant que j’y suis, je rajouterais sans hésiter Laputa – Le Château dans le ciel, Lupin the Third, Fullmetal Alchemist, Steamboy et Akira.

Gamekult – jeux vidéos – podcast


Gamekult, l’émission #136 – 20/04/2011

Si y’a bien une émission sur le jeu vidéo que je ne loupe jamais, c’est celle de Gamekult. C’est une fois par semaine (le mercredi ou le jeudi), ça dure un peu plus de quarante minutes à chaque fois, c’est bien foutu, rythmé, marrant et avec des gens qui n’hésitent pas à critiquer et à dire quand ils n’aiment pas un produit. Mieux : c’est diffusé gratuitement sur le net !

Plusieurs adresses sont disponibles : la page consacrée sur le site de Gamekult, ainsi que les pages officielles YouTube, Dailymotion, et iTunes.

Black Trinity en références (spoilers)

Si vous comptez jouer à Black Trinity, cet article dévoile dans les grandes largeurs des éléments de l’histoire « globale ». Évitez donc de lire la suite de ce billet sous peine de gâcher votre plaisir…

Le fait est que lorsque j’écris des scénarios j’aime bien placer des clins d’oeil, des références, des jeux de mots (voire des jeux de l’esprit). Certains sont totalement anecdotiques, d’autres ont du sens. Certains sont totalement triviaux, placés là pour mon petit plaisir personnel (et ne peuvent être découverts de quasiment personne), d’autres dissimulent des indices pour les scénarios futurs. Pourquoi je fais ça ? Parce que ça m’amuse (j’en fais un petit jeu personnel) mais aussi parce que quitte à donner des détails, à choisir un nom au hasard, autant que celui-ci enrichisse l’intrigue même si c’est de manière quasi-imperceptible.

Bref, Black Trinity ne fait pas exception à la règle.
(Même si, malheureusement, j’en ai déjà oublié quelques uns).

Il y a des éléments évidents comme le nom même de Silent Peaks, référence facile à Silent Hill et Twin Peaks (où les trois premiers scénarios lorgnent vers TP et le dernier vers SH), mais il y a aussi des choses un peu moins évidentes (voire carrément tirées par les cheveux). Le titre même de Black Trinity, s’il est directement compréhensible à la lumière du dernier scénario, lorsqu’il était nommé « Trinité Noire » devait permettre de noyer le poisson et de masquer l’enjeu final en laissant penser à un lien avec la « Sainte Trinité ». Alors que pas du tout.

Au rayon des récurrences, il y a l’heure, 5h29, où la bombe à explosée. Il y a le lieu, au Nouveau-Mexique, non loin de l’endroit où le premier test nucléaire a été exécuté et il y a aussi la musique. « Sentimental Journey » qui, en plus d’être le titre numéro 1 au moment qui nous intéresse, est aussi devenu l’hymne de retour des soldats de la seconde guerre mondiale. Un morceau dont le disque avait pour face B, un « Twilight Time » porteur de sens.

Dans le troisième scénario, le gamin fan de Daredevil nomme les membres de la famille Talbott à la manière de super-héros : Big Brother (celui qui observe/l’éclaireur/le grand frère de Charles – scénario 1), Tall Woman (la mère qui recherche son petit garçon (Little Boy) – scénario 2), Slim Sister (la grande sœur qui recherche son petit frère – scénario 3) et Fat Man (le père, le seul qu’on ne peut rencontrer que dans l’autre monde – scénario 4). Or le projet Trinity permettait de tester les deux bombes à venir sur Nagasaki et Hiroshima : Fat Man et Little Boy. La « légende » veut que le terme de Fat Man ait été donné en référence à Winston Churchill et son implication dans le projet Manhattan. J’en ai donc fait une référence directe en décrivant un homme (bedonnant) qui lui ressemble, dans le monde alternatif, avec l’idée que lorsque l’ancien Petit Garçon et le Homme Bedonnant se retrouvent dans le même monde, celui-ci peut enfin exploser.

Au passage, je profite une nouvelle fois pour féliciter Yann B. qui, juste avant la parution du dernier épisode, a envoyé un mail à la rédaction de Casus Belli où il pointait la totalité de ces références. Bien vu donc !

Mise à jour du 16/04
Je vous l’avais dit, j’ai tendance à rapidement oublier les références que je cache dans mes projets. Parfois au détour d’un clic dans mon disque dur, la vérité se fait jour et les souvenirs se rappellent à moi. Aujourd’hui est un jour comme ceux-ci. Référence visuelle cette fois-ci avec le clin d’œil du logo Black Trinity dont j’ai estampillé la totalité des images sur ce site ainsi que les fiches de personnages vierge. Quel était sa provenance ? Un indice sur vos téléscripteurs.

Crossed #1 – comics – Milady Graphics

Il n’y a pas d’espoir. Pas de héros.
Personne ne viendra vous sauver.
Vous êtes seul.

Point final serais-je tenté de dire, tant Crossed ne fait pas dans la dentelle. Là où The Walking Dead ausculte, intelligemment et avec brio, la psyché du survivant, on a ici tout l’autre pendant de la fin du monde : la bestialité absolue de sociopathes contaminés, enragés et pervers, face à la froide survivance nihiliste de quelques êtres humains. Après tout, si c’est la fin du monde, on a pas de raison de bouquiner tranquillement chez soi et d’être épargné par l’horreur de la chose. « Pour Lecteurs Avertis » précise très justement la quatrième de couverture. Vous ne pourrez pas dire que vous n’étiez pas prévenus.

J’aime les survivals, j’aime les slashers, j’aime les films d’horreur. J’aime les films subtils et sincères tout comme je peux aimer les variations cyniques et bourrines. J’aime le fait que des BD puissent en être le pendant décomplexé. Et c’est exactement ce qu’est Crossed : une BD d’horreur pour amateurs du genre. Parfois dégueulasse, souvent outrancière et trash (si avec ça je n’ai pas donné envie à votre « part sombre »…), Garth Ennis (Punisher, Preacher, The Boys) propose l’un de ses boulots/brûlots les plus frontals, sans l’habituelle distanciation humoristique. Bon, y’a toujours quelques traits d’humour noir propre à l’auteur mais le récit est beaucoup plus clinique qu’habituellement.

Si vous êtes un habitué des productions Avatar (No Hero, Black Summer, Wolfskin, tous trois publiés chez Milady justement), ce n’est visuellement qu’un cran supplémentaire dans la boucherie. Par contre, c’est dans le soupçon de perversité, de « sans pitié » absolu que vous pourrez trouver qu’il pousse le bouchon un peu loin alors que, paradoxalement, c’est aussi ce qui donne son identité (sa légitimité ?) au comics. Alors oui, tant de violence, c’est sûrement un peu facile voire même superficiel – suivant les limites de chacun – mais comme il le fait bien, flattant le caca qui est dans tout un chacun, et que cette virulence malsaine est cohérente avec le propos, l’ensemble peut être apprécié sans pour autant crier au loup.

Si j’avais un vrai bémol à mettre sur l’intrigue, ce serait au niveau de la narration dont on ne comprend qu’elle est éclatée dans le temps que tardivement. Il m’a fallu lire le dialogue d’un personnage mort précédemment pour comprendre ce fait, au détour d’une case, comme si de rien n’était. J’ai même immédiatement été faire des recherches sur le net pour savoir s’il ne s’agissait pas d’une erreur d’impression ou de façonnage (avec un cahier qui aurait été inversé) et ce n’est pas le cas. C’est donc loin d’être évident parce que ça n’apporte rien au regard de ces cinq premiers épisodes. Cette alternance n’ajoute aucun mystère supplémentaire, ne met pas en valeur d’éventuelles différences. Si Ennis voulait montrer d’un côté les personnages dans l’innocence de leur début et dans l’inhumanité de leurs actes quelques temps plus tard, c’est peu mis en valeur par une caractérisation un peu trop rapide et superficielle pour ce premier tome.

Pourquoi je critique cette BD qui n’est ni un chef d’œuvre, ni une purge ? Parce que j’apprécie que Milady propose ce genre de comics pour public avertis, que je souhaite que ça continu le plus longtemps possible et que j’adore le rendu du livre (un « soft-cover » solide et classieux, qui se range joliment dans la bibliothèque). On aime ou on aime pas mais ça décrasse au papier de verre par là où ça passe.