Photo rare de Mister Frankenstein et de moi-même.

Un mois et demi plus tard, je viens d’envoyer mon manuscrit de roman à l’éditeur, en l’occurrence mon éditrice.

Durant cette période, j’ai repris mon texte pour un timide second jet. Timide parce qu’au final et en quelques jours à peine, j’aurais reformulé quelques passages, effectué des corrections orthographiques, longuement traqué les répétitions mais ç’aura été somme toute rapide. Loin des sept ou huit jets de Presque Minuit, comme si tout avait été bon du premier coup. J’ai même eu le temps de le faire relire à mes bêta-relecteurs, d’être rassuré, d’apporter quelques précisions et clarifier quelques passages flous issus de leurs retours.

Alors, évidemment, ça ne m’empêche pas de me questionner sur l’apparente facilité que j’ai eu à travailler cette étape (en oubliant pas, par contre, que j’ai sacrément souffert lors de la conception de mon intrigue, en cherchant à structurer de la manière la plus efficace et détaillée qui soit le déroulé de mon histoire) et ce, alors que je n’ai pas réellement écris de roman depuis plusieurs années. Perplexe, je me suis demandé si j’étais toujours lucide après avoir travaillé pendant presque six mois sur ce projet. Mais, en l’état, je ne vois plus ce que je peux améliorer.

J’ai établi un mini-lexique pour une langue imaginaire utilisée pour une trentaine de mots, j’ai consulté des experts ès latin pour 10 lignes de dialogues (passage pouvant sembler anecdotique mais qui m’aura pourtant fait suer), j’ai tenté de remplacer chaque répétition par un mot que je n’avais pas encore utilisé dans mon texte histoire de le tirer vers le haut : je me dis que j’ai poussé au maximum ce que je pouvais proposer.

Digressions : là où je les ai pourchassées dans les descriptions, j’ai gardé la plupart des répétitions dans les dialogues parce que j’estime que ça les rend plus naturels, plus réels et vivants. Pour la première fois, j’ai fais une relecture complète à haute voix, histoire de déceler les tournures désagréables mais aussi parce que, de manière générale, j’aime bien « quand ça sonne », quand il y a des sonorités qui reviennent, des répétitions qui se répondent, une rythmique dans les échanges, presque comme les couplets d’une chanson, un peu comme cette phrase et ces virgules. Ce n’était pas conscient il y a encore quelques temps mais je me suis aperçu que ça faisait partie de ma façon de parler et d’écrire de manière générale. Et donc, j’en joue, en essayant de ne pas en abuser, sans trop les forcer.

Alors, au final, toutes ses belles paroles, cette sacrée petite prétention, ne sont rien face à l’avis de l’éditrice. C’est elle le juge, celle qui saura me dire si j’ai fait fausse route ou si ce « Projet AC » aura été une sorte d’évidence tout du long. Prochaine étape : son avis.

Je vous donne donc rendez-vous d’ici quelques semaines pour la prochaine étape dans cette expédition sur le chemin de la publication.